Je cède à la blogsphère …

Je m’étais pourtant promis de ne pas céder aux sirènes des blogs, ou des carnets de voyage en ligne. Mais voilà, je m’y suis résolu. Il sera ainsi plus pratique pour moi de vous conter mes quelques aventures, avec les photos, plutôt que des centaines de photos (pour la plupart inintéressantes) et sans explication. 

Après deux mois à Buenos Aires, je suis actuellement en “partiels de mi-semestre”, formule alambiquée pour dire “vacances”. En effet, les partiels de mes partiels se font à la maison et s’envoient sur Internet (?) c’est donc à nous de gérer notre temps et de transformer ces deux semaines de partiels en deux semaines méritées (sic) de vacances. 

Avec des amis, nous avons donc décidé de partir à l’extrême sud du continent et d’affronter les températures encore négatives de la Patagonie. Puisque nous allions tous visiter la Patagonie argentine et la Terre de Feu avec nos parents, nous avons préféré explorer la Patagonie chilienne moins connue.

 

Après quelques jours seulement d’organisation, nous voilà dans l’avion pour Rio Gallegos, petite ville au sud de l’Argentine. Rio Gallegos n’était pour nous qu’une escale puisque nous devions nous rendre à Puerto Natales, au Chili. Seulement 300 kilomètres sur la carte, mais plus d’une journée pour les parcourir. Les petites villes argentines comme Rio Gallegos ou Rio Turbio (où nous avons eu l’immense plaisir de passer trois heures … ) sont assez cauchemardesques, car perdues au milieu de rien, mal desservies, et plutôt “glauques”. Bref après plusieurs heures de bus, des changements, des gares, des sandwichs vite avalés et un passage de frontière de plusieurs heures (vive l’Europe et l’espace Schengen) nous voici enfin au CHILI. 

Les Argentins dans leur nostalgie maladive des années 20 regardent l’Europe et les Etats-Unis avec énormément d’envie. Nous sommes ceux qu’ils auraient pu être (je cite un de mes professeurs “Nous sommes comme les italiens sauf qu’eux ont eu la chance d’avoir des voisins comme l’Allemagne ou la France”), et aiment nous qualifier de “premier monde”. Je ne considère pas l’Argentine comme le Tiers-Monde, loin de là, et je trouve l’expression de “premier monde” très inadéquate. Mais après deux mois où les banques argentines distribuent des faux billets, des grèves à n’en plus finir, l’impression d’être dans un pays hors de contrôle, oui je peux le dire :  le Chili est du PRIMER MUNDO. Enfin un pays où le chauffeur de taxi, le vendeur ou le restaurateur vous rendra la monnaie car il a du change (gros problème en Argentine depuis 2001). Enfin un pays où l’efficacité ne semble pas être un mot en l’air. Un pays où il pleut même : bref l’hémisphère Nord !

Ces considérations sur le Chili faites, nous voici en route pour le Parc Torres del Paine qui est considéré comme l’un des plus beaux parcs naturels au Monde. Paine veut dire ‘bleu’ en indien, et ce parc se caractérise par ces lacs, son glacier Grey et bien sûr son massif légèrement bleuté. Nous avons passé trois jours dans ce magnifique parc. La première journée nous a permis de parcourir les différents points de vue du parc en voiture (le parc est immense). Nous avons ainsi pu nous promener sur cette plage de sable noir où les icebergs du Glaciar Grey viennent mourir, ou encore parcourir les forêts pétrifiées (paysage typique de la Patagonie) ou d’autres paysages qui nous ont fait successivement penser à l’Ecosse, ou l’Islande (n’y ayant jamais mis les pieds, je n’ai pu qu’acquiescer ces comparaisons). 

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Pour le deuxième jour, nous avons voulu, je cite : “nous rapprocher de la nature”. On ne nous y reprendra pas ! Nous nous étions renseignés sur les randonnées du parc, de leurs points de vue etc, et nous avons opté sur le “Sendedero Chileno” (le Sentier Chilien) qui était censé donner, facilement, un point de vue magnifique sur les Torres del Paine. Ah ça ! Nous l’avons eu la vue magnifique, c’est sur le mot “facilement” qu’il y a eu tromperie. Je suis d’ailleurs surpris que le guide nous ait conseillé de nous y aventurer vue nos têtes de touristes bébêtes, nos jeans, nos chaussures inadaptées et nos carrures de fil de fer. Confiants, nous partons donc le sourire aux lèvres faire “la balade”. Le sourire c’était donc avant les sept heures trente de marche.

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En soi, le sentier n’était effectivement pas difficile. Le dénivelé n’était pas incroyable. Ce qui nous a exténué ce sont les longueurs, de la montée en permanence, des marches, des rochers à escalader, et encore de la montée. Pourtant les Torres del Paine ne culminent qu’à seulement 2850 mètres, et leur base doit être à 1500 mètres. Ce n’est donc as l’ascension de l’Everest que nous avons fait. Mais malades pour certains (dont moi), fatigués pour d’autres, peu de nourriture et hop notre destin était scellé. A l’aller, j’étais assez fier d’être toujours à la tête du groupe alors que je n’avais jamais fait de randonnée. Je fanfaronnais pas mal, bref le destin m’a vite rattrapé. Aux deux tiers du trajet, voilà que nous devons escalader (oui escalader) des rochers. Nous n’avions bien sûr ni guide, ni casque, ni crampon … Là nous avons réalisé notre prétention de se lancer dans une telle randonnée sans aucune expérience (une tempête aurait pu s’abattre sur nous, etc). Bref nous avons persévéré prudemment et voilà enfin le GRAAL. 

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La redescente, elle, fut beaucoup joyeuse. Plus de nourriture, plus d’eau, des chevilles abandonnées dans les rochers, et des genoux jetés à l’eau pour faire les 3 heures restantes. Par un miracle géologique, les montées à l’aller s’étaient transformées en montées au retour aussi ! Assez extraordinaire donc de croire avoir fait le plus dur, et en fait de se rendre compte qu’à l’aller ça grimpait mais, pas que ! Haha. Quelques heures plus tard, exténués, fatigués, nous voici de retour au refuge (de luxe, nous ne le savions pas … ).

Enfin pour notre dernier jour à Torres del Paine, nous avons choisi de nous rapprocher encore un peu plus de la nature (bon … ok je vais poser la question qui fâche “C’est une idée de qui ça ? c’est une idée de con !”) en faisant cette voici 4 heures de balade … à cheval ! La dernière fois que j’étais monté sur un cheval je pense que je ne mesurais pas plus d’1m30 et que la cavalcade avec le poney n’avait duré que quelques minutes (à forts renforts de pleurs et de cris, comme à mon habitude à l’époque). Cette fois-ci ce sont donc 192 centimètres sur un beau et fier étalon (ça c’est ce que je veux croire, en fait mon destrier était terriblement soumis) qui s’élancent dans les forêts et les plaines patagones. C’est sûrement l’un des meilleurs souvenirs du voyage, car nous avons tout de suite eu les chevaux bien en main, et nous avons même pu galoper avec les gauchos qui nous accompagnaient. Les paysages étaient vraiment splendides, faire du cheval dans ce cadre reste un passage obligé à qui veut goûter à l’Argentine et à la Patagonie ! Les photos malheureusement ne trahissent pas mon enthousiasme, haha, je crois que j’étais bien trop concentrer à calmer les nervosités de mon caballo (oui donc ça, c’est dans mes rêves … )

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Le mardi matin nous et nos courbatures partons prendre le ferry chargé de nous emmener de Puerto Natales à Puerto Montt. Alors pour que vous sachiez tout, nous avions d’abord penser à louer une voiture avant de voir que non, c’est bien ça, il n’y avait pas de route qui reliait Puerto Natales à Villa O’Higgins (ville au sud de la “métropole” chilienne si je puis dire, puisque Puerto Natales sans être une île est coupé de son pays par un bras de mer, le passage en Argentine était donc obligé, long et coûteux). Bref l’alternative maritime nous a très vite séduit pour pouvoir arpenter les fjords chiliens, et pour la première fois pour moi : naviguer dans le Pacifique. 

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Malheureusement nous n’avons pas eu beau temps à bord du bateau, avec notamment une tempête dans le Golfe des Peines (Golfe qui à en écouter ma voisine pleurer et vomir pendant toute la nuit portait bien son nom … ). Nous avons donc pu faire connaissance avec nos compagnons de voyage, tous des globe-trotteurs qui étaient déjà depuis plusieurs mois sur les routes. Nous ne nous sentions pas forcément à notre place avec eux, nous étions plus jeunes, peu d’expérience dans les voyages. Ces rencontres étaient néanmoins très intéressantes, notamment pour voir le côté caché du rêve. Tous avouaient être fauchés (normal), exténués (normal) et même s’ils avaient vu les plus beaux paysages, ils ne sortaient pas tellement pour admirer ce qu’il nous était donné à voir à bord du bateau. A voir trop de belles choses trop vite, peut-être qu’on passe à côté de beaucoup d’entre-elles. 

Nous n’avons pas vu d’animaux à cause des conditions météorologiques, nous avons plus joué aux cartes que de raison, mais je ne regrette pas ce ferry. Bien sûr, les conditions n’étaient pas idéales mais voir ces montagnes se jeter dans le Pacifique, ces îlots… C’est un voyage unique dans une vie, et je m’en suis bien rendu compte. 

La fin approche nous débarquons à Puerto Montt, et prenons directement un bus pour Bariloche dans la région des lacs argentine. Là encore la traversée de la Cordillère des Andes prit énormément de temps (11 heures … je n’ose même pas vous montrer sur une carte la distance qui sépare en réalité ces deux villes : rien). sur le trajet nous faisons la route des Sept Lacs qui est une route qui passe par les Sept Lacs de la région. Bien que peu dépaysants, ces paysages n’en étaient pas moins beaux. L’espace de quelques heures nous étions en Suisse ou en Autriche, d’ailleurs Bariloche est une colonie suisse, les immigrés européens du siècle dernier, nostalgiques de leur bonne vieille Suisse, se sont installés en masse dans cette région. Impossible de skier malheureusement, enneigement trop faible, nous avons pu quand même profiter du lac et de la quiétude toute Suisse de cette ville (qui est l’une des stations de ski les plus huppées d’Argentine).

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Samedi dernier, retour à Buenos Aires à 21h. Retrouvailles avec les températures positives, en route pour le Printemps. Finis les paysages poussant à l’introspection, à nous les plages brésiliennes et les ruines Incas !

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