Road-trip en Patagonie.

Après plusieurs semaines à profiter du printemps à Buenos Aires (ceci est un mensonge, car le taux d’humidité étant en permanence supérieur à 70% le temps est très incertain), et la fin de l’université Papa et Maman débarquent enfin.

Ils sont donc partis le mercredi 18 de Marseille, pour un périple d’une bonne quinzaine d’heures en passant par Paris et Sao Paulo et se terminant à Iguazu. Je les ai donc rejoints à Iguazu pour admirer les chutes (pour la deuxième fois pour moi). La chaleur y était insupportable, vraiment. Je ne pense pas exagérer en disant que les 40°C étaient franchis, je ne parle pas du taux d’humidité. Bref nous étions beaux et frais à boire des cafés-saucisses (spécialité brésilienne) au bord des pistes rouges.

Ensuite nous avons rejoint Buenos Aires pour 3 jours. En planifiant le voyage il y a quelques mois, je trouvais que Buenos Aires avait beaucoup à offrir mais que c’était une ville qui pouvait décevoir à première vue. Et donc  je ne voulais pas que Papa et Maman soient déçus de “perdre” trop de temps dans la ville, donc j’avais jugé que 3 jours seraient suffisants pour visiter la ville et commencer à sentir l’ambiance portègne. En 3 jours nous avons effectivement tout visité, mais Buenos Aires est beaucoup plus, et je crois que Papa et Maman l’ont bien senti. Les deux ont eu l’air d’avoir beaucoup apprécié la ville, qui offre beaucoup plus d’opportunités que les grandes villes européennes ou américaines, et donc finalement 3 jours se sont peut-être avérés trop courts. Ca sera une bonne occasion de revenir !

Lundi matin à 5h40 (sic) nous voici dans l’avion pour Ushuaïa en Terre de Feu, la ville la plus australe du monde (bon je ne vais pas chercher la latitude quand même). Soyons honnêtes, Ushuaïa est moche, n’a rien de pittoresque ni d’authentique. On se serait cru en Andorre au printemps (l’horreur donc). Mais il y a quand même une atmosphère particulière dans cette ville qui a abrité le bagne argentin jusqu’en 1944, et qui reste le point de départ des expéditions antarctiques. Sans vouloir trop nous attarder dans la ville nous avons donc fait une marche de plusieurs heures dans le Parc National de la Terre de Feu. J’ai moi adoré cette marche (papa et maman moins, les flemmards). Les paysages étaient magnifiques. Encore des fjords, des criques presque méditerranéennes dans ce bout du monde. Papa a même comparé ça aux Issambres (orthographe inventée) … Bref ça valait le coup d’aller si loin, haha !

Aussi nous avons fait une balade en bateau dans le canal Beagle pour s’approcher du phare de la fin du monde, et de ses îles où vivaient les Yaman (indiens qui vivaient nus -oui, nus- et qui se réchauffaient avec des feux dans leurs canoës, d’où le nom de cette Terre donnée par Magellan en voyant partout des foyers). 

Nous avons rejoint le continent à El Calafate, où se trouve le seul glacier au monde qui continue d’avancer, le Perito Morino. Là nous avons fait un trekking de 2 heures sur ce glacier: un paysage lunaire ! Ce glacier est très impressionnant avec près de 30 mètres de haut au bord de l’eau, et des pans qui se décrochent dans un énorme fracas. (sortez les violons) aussi l’étrange sentiment de voir quelque chose qui risque de disparaître très bientôt.

Au volant de notre chevrolet (sic sic), nous voici sur les routes patagones (dont la fameuse route 40) pour aller voir le sommet Fitz Roy à El Chalten (160 km au nord d’El Calafate). Bien sûr, le temps nuageux ne nous a pas permis de voir le pic Fitz Roy (que nous avions quand même vu en avion, maigre consolation certes …). Nous avons ensuite filé vers Rio Gallegos, angoissante par sa mocheté, qui nous a servi de point de départ pour le magnifique parc Monte Leon. Parc inconnu (dans seulement un guide sur les trois que nous avions – non nous ne sommes pas fous, nous avions 3 guides), et qui pourtant offre les plus beaux littoraux patagons avec une faune très riche. Malheureusement, nous n’avons pas vu de Puma, même si nous nous étions servis de Renard comme appât. 

Ensuite nous avons longé le Détroit de Magellan jusqu’à Punta Arenas, avant de prendre l’avion (oui 5 avions en 2 semaines, c’est notre contribution au réchauffement …) pour Santiago.

J’avoue avoir été très déçu par Santiago, mais effectivement Santiago n’est qu’une (très très très très) pâle copie de Buenos Aires. Les quartiers agréables sont peu nombreux et très petits, la ville est étouffante, très polluée (le fameux smog). Ca m’a rassuré sur mon choix de troisième année. Buenos Aires est de loin la ville la plus excitante d’Amérique du Sud (avec Sao Paulo et Rio sûrement, je vous en dirai plus quand j’y serai allé) et cela m’a fait regretté de ne pas y avoir passé plus de temps. Heureusement nous avons assez vite fuit Santiago, pour le Pacifique et Valparaiso. Port mythiquepour le cap-horniers avant l’ouverture du canal de Panama, cette ville était très agréable. Même si ce n’était pas le Pacifique comme je l’avais rêvé, ces maisons colorées accrochées à la montagne donnent à cette ville un charme fou.

Voilà en 15 jours, nous avons fait des records de températures passant d la moiteur d’Iguazu au vent glacial d’Ushuaïa, de la jungle à la forêt patagone, de l’Atlantique au Pacifique, de Buenos Aires à Santiago, du bife de lomo au Pisco Sour !

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